La posture la plus difficile…

De nombreuses personnes pensent que le yoga consiste à faire des postures compliquées, acrobatiques même. On a tous vu ces images de gurus indiens et occidentaux, ou de simples pratiquants, dans la posture du scorpion (en appui sur les avant-bras, le corps est à la verticale et les pieds viennent se poser sur la tête), dans la posture levée les deux pieds derrière la tête (en appui sur les mains, les pieds sont croisés derrière la tête), ou encore dans la posture du corbeau, ou en appui sur les bras tendus, tête en bas etc… Ce sont des postures exigeantes en effet, en cela qu’elles supposent des bras solides, une bonne flexion de hanche pour certaines, un sentiment de confiance en soi aussi pour d’autres… Pourtant, ma modeste expérience d’enseignante me montre quasiment chaque semaine que ce ne sont pas les postures les plus spectaculaires qui sont les plus difficiles à prendre et à vivre. Celle qui me semble la plus ardue, c’est savasana. On vient s’allonger sur le dos, les jambes et les bras un peu écartés. Il s’agit de relâcher les tensions et de s’extraire des activités de son mental. Sans lutter contre elles, mais en les laissant passer pour prendre conscience de son souffle et se rassembler dans le lieu du cœur. S’allonger, s’abandonner et accepter de ne rien faire. Baîller. Soupirer. Je constate, dans ma pratique personnelle et d’enseignante, que cette posture, pour peu spectaculaire qu’elle soit, n’en est pas moins compliquée. Notre mental a tôt fait de reprendre le pouvoir… Est-ce parce que savasana signifie l’agonisant et nous invite à passer d’un état de dispersion et d’extériorité à un état de calme et d’intériorité ? Peut-être…